September 7, 2026
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La mobilisation contre la hausse du coût de la vie a pris une nouvelle ampleur samedi à Dakar. Lancée sur les réseaux sociaux, la campagne « 30 Jours pour le Juste Prix » compte bien poursuivre ses actions face à l’augmentation des prix, des loyers et de l’électricité.

La rue prend le relais des réseaux sociaux

La contestation contre la cherté de la vie a quitté le virtuel pour s’ancrer dans le réel. Samedi 5 septembre, plusieurs dizaines de personnes ont répondu à l’appel de la « Marche des paniers vides » à Dakar, dans le cadre de la campagne « 30 Jours pour le Juste Prix ». Le cortège s’est élancé du quartier des Castors pour rejoindre le rond-point Jet-d’Eau.

Les manifestants ont choisi un symbole fort : des paniers, bols et ustensiles de cuisine vides, illustrant les difficultés des ménages à boucler leurs fins de mois. Sur les banderoles et dans les slogans, les revendications étaient claires : le prix des denrées alimentaires, le coût du logement et la facture d’électricité, notamment via le système prépayé Woyofal.

Un mouvement né en ligne

Quelques jours avant la marche, la campagne « 30 Jours pour le Juste Prix » avait été lancée sur Internet par des consommateurs et créateurs de contenus dénonçant l’envolée des prix et réclamant des mesures pour le pouvoir d’achat. Le mouvement revendiquait déjà plus de 3 000 sympathisants avant la manifestation, et appelait à un boycott progressif de certains produits jugés trop chers.

Parmi les figures de proue, l’influenceur Bathie Drizzy, co-initiateur, a tenu à rappeler le caractère apolitique de l’initiative. « Aucun acteur politique n’est derrière nous », a-t-il insisté, expliquant que l’objectif était d’interpeller les autorités sur les difficultés concrètes des populations.

Des prix qui alimentent la colère

La campagne s’appuie sur des réalités tangibles. Le kilogramme de bœuf, jadis annoncé autour de 4 000 francs CFA, atteint désormais 5 500 francs CFA dans certains points de vente, tandis que le mouton peut grimper jusqu’à 7 000 francs CFA. Ces chiffres, relevés par des médias locaux, ne constituent pas un prix national officiel, mais ils reflètent une tendance lourde.

La grogne dépasse le seul panier de courses. Les manifestants ont également mis en avant les loyers, l’électricité et les charges quotidiennes, donnant au mouvement une portée bien plus large qu’une simple protestation contre quelques produits.

La pression monte sur le plan politique

La marche de samedi n’a pas laissé la classe politique indifférente. Aldiouma Sow, présenté comme conseiller du président Bassirou Diomaye Faye, a vivement critiqué la mobilisation sur Facebook, appelant les jeunes à privilégier le travail et dénonçant un « messianisme populiste ».

Cette prise de position, bien que non officielle, montre que le sujet commence à faire réagir au sein du pouvoir. La presse sénégalaise de ce lundi 7 septembre consacre d’ailleurs sa une à la vie chère, preuve que le débat dépasse le cadre du week-end.

Le mouvement entend poursuivre

Les organisateurs ne considèrent pas cette marche comme un acte isolé. Le collectif « 30 Jours pour le Juste Prix » a salué la mobilisation et annoncé la poursuite de ses actions. Reste à savoir si cette campagne parviendra à s’imposer durablement dans le débat public et à obtenir des réponses concrètes du gouvernement.

Le gouvernement a récemment inscrit le pouvoir d’achat, les prix et les loyers parmi ses priorités. Le Conseil des ministres du 2 septembre a demandé de renforcer les dispositifs de maîtrise des prix et d’accélérer la régulation des loyers. La mobilisation des « paniers vides » s’inscrit donc dans un contexte où la pression de la rue et les annonces gouvernementales se rencontrent sur un même terrain : le budget quotidien des ménages sénégalais.

Une contestation à suivre de près

Pour l’instant, la mobilisation est portée principalement par des citoyens et des acteurs des réseaux sociaux. On est encore loin d’un mouvement national structuré, comparable à une opposition politique organisée. Mais le potentiel est bien réel : le sujet touche à l’alimentation, au logement, à l’électricité et au pouvoir d’achat, autant de préoccupations qui concernent une grande partie de la population. Contrairement à une polémique politique classique, la question posée par les « paniers vides » est d’une simplicité désarmante : combien coûte aujourd’hui la vie quotidienne d’un ménage sénégalais, et que peut réellement faire le gouvernement pour la rendre plus abordable ?