June 29, 2026
85f32575-6be8-4a5e-80f2-972d20a36377

Le Forum National sur la Décarbonation des Industries Alimentaires, tenu lundi à Rabat sous l’égide de la Fédération Nationale de l’Agroalimentaire (FENAGRI), constitue une avancée décisive dans l’élaboration d’une feuille de route bas carbone pour ce pilier de l’économie marocaine.
Organisé avec le soutien du ministère de l’Industrie et du Commerce ainsi que du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, cet événement a réuni des représentants des secteurs public, privé, financier, technique et institutionnel, tous mobilisés pour la transformation durable de l’industrie alimentaire au Maroc, selon un communiqué de la FENAGRI.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique lancée par la FENAGRI pour soutenir la transition bas carbone des industries alimentaires marocaines, dans un contexte marqué par la flambée des coûts énergétiques, la pression croissante sur les ressources en eau, l’évolution des exigences des marchés internationaux et l’intégration progressive des critères climatiques dans les chaînes de valeur.
Les industries alimentaires jouent un rôle stratégique dans l’économie nationale. Le secteur réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 191 milliards de dirhams, compte près de 2 600 entreprises réparties sur tout le territoire, génère plus de 206 000 emplois directs, contribue à hauteur de 44 milliards de dirhams aux exportations et couvre environ 77 % des besoins nationaux en produits alimentaires transformés.
Cette contribution économique s’accompagne d’un défi énergétique de taille. Les industries alimentaires consomment environ 380 000 tonnes équivalent pétrole par an, soit près de 20 % de la consommation énergétique industrielle nationale. Ces données confirment à la fois le poids stratégique du secteur et la nécessité d’une décarbonation progressive, structurée et adaptée aux spécificités des différentes filières.

Dans ce cadre, la FENAGRI a lancé, avec l’appui du ministère de l’Industrie et du Commerce, une étude nationale visant à élaborer une feuille de route de décarbonation des industries alimentaires à l’horizon 2040.
Cette initiative a pour but d’identifier les principales sources d’émissions, d’évaluer les leviers de réduction, de définir les trajectoires de transition possibles et de proposer les conditions opérationnelles de mise en œuvre.
Le Forum a permis de partager les principaux résultats de cette démarche et d’engager un dialogue structuré avec l’ensemble de l’écosystème. Les discussions ont fait émerger un large consensus : la décarbonation des industries alimentaires ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte réglementaire ou environnementale, mais comme un levier de compétitivité économique, de modernisation industrielle, de performance énergétique, d’accès aux marchés et de résilience pour les entreprises marocaines.
« La décarbonation des industries alimentaires n’est plus un sujet de demain. C’est un chantier d’aujourd’hui. Un chantier qui concerne directement la compétitivité de nos entreprises, leur performance énergétique, leur accès aux marchés, leur capacité d’investissement et leur résilience face aux nouvelles exigences climatiques et économiques », a déclaré M. Abdelmounim El Eulj, Président de la FENAGRI, cité dans le communiqué.
Les échanges ont également souligné la nécessité d’une mobilisation coordonnée entre les pouvoirs publics, les industriels, les institutions financières, les partenaires internationaux, les experts techniques et les fédérations professionnelles.

La réussite de cette transition dépendra notamment de la capacité à mettre en place des mécanismes d’accompagnement adaptés, à faciliter l’accès au financement vert, à renforcer l’expertise technique des entreprises et à promouvoir une approche intégrée assurant une plus grande cohérence entre les politiques industrielles, énergétiques, environnementales et hydriques.
Une attention particulière a été portée aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) industrielles, qui constituent une composante essentielle du tissu productif national. Leur accompagnement sera déterminant pour garantir une transition inclusive, progressive et réellement opérationnelle.
Les discussions ont mis en avant le besoin de solutions accessibles, de diagnostics adaptés, de projets bancables et de dispositifs de financement capables de répondre aux réalités des différentes filières alimentaires.
À l’issue du Forum, la FENAGRI a réaffirmé sa volonté de poursuivre cette dynamique dans la durée. Les prochaines étapes porteront notamment sur la mise en place d’un cadre de suivi de la feuille de route, l’organisation d’ateliers par sous-filière, le renforcement du dialogue avec les partenaires financiers et techniques, ainsi que l’accompagnement des entreprises membres dans la définition et la mise en œuvre de leurs propres trajectoires de décarbonation.